la réforme du collège + décret = un nouvel exemple de l’impuissance des citoyens

Je préparais un billet sur le réforme des collèges depuis quelques jours sans vraiment savoir comment le tourner : bien, pas bien, pour quelles raisons… etc.

Tout s’est accéléré depuis hier au soir : le gouvernement français dans un grand élan démocratique a décidé d’utiliser le décret pour imposer sa réforme du collège.

Fermez-la : je vais appliquer ma réforme, même si vous êtes tous contres.

c’est quoi un décret ?

En France, un décret est un acte exécutoire à portée générale ou individuelle pris par le président de la République ou par le Premier ministre qui exerce le pouvoir réglementaire (article 21 de la Constitution). Comme tous les textes de nature législative ou réglementaire, les décrets doivent être publiés, après signature et éventuellement contreseing, au Journal officiel de la République française d’une part, d’être portés à la connaissance de tous mais aussi afin d’être opposables.

Les décrets peuvent faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir devant le Conseil d’État (Wikipedia).

l’aristocratie politique frappe encore

J’imagine que la réforme ne comportera pas de choses illégales ou inconstitutionelles donc elle ne sera pas légalement contestée. Elle ne sera donc pas négociée sur le fond : elle est decrêtée donc c’est cuit, d’après ce que j’en comprends mais je ne suis pas juriste.

le problème de la méthode

Cette idée de réforme était-elle dans le programme du candidat Hollande ? Non.

Cette réforme est-elle négociée avec les principaux concernés, professeurs-parents-vie civile ? Non.

C’est donc que nous sommes bien en France.

On procède une fois de plus de façon autoritaire, sans concertations, ni discussion et avec le mépris le plus total envers les citoyens et les acteurs professionels concernés, les professeurs et le personnel administratif. C’est le problème de notre démocratie représentative dans laquelle les citoyens n’ont aucun recours pour imposer la négociation à un gouvernement. Une fois au pouvoir, ils font et décident ce qu’ils veulent.

Oui, cette réforme valide le nivellement vers le bas de l’Education Nationale. Quand un élève de 4e passe de 4h30 de Français à 3h, j’appelle ça une dégradation, un grave dégradation.

Quand on décide d’arrêter l’accompagnement éducatif après les heures de cours pour aider aux devoirs, j’appelle ça un abandon.

Quand je vois l’étalement des vacances d’hiver, je vois un cadeau aux lobbys du tourisme sans aucune consideration pour la vie et et la scolarités de nos enfants. Tout ça pour aller chercher 0,1% de point de croissance économique, j’imagine.

Quand le programme scolaire commun est abandonné aux profits de « projets interdisciplinaires aux choix, différents selon les établissements, en sachant que ces heures consacrées aux projet seront pris sur les heures dites normales« , je me dis que ça sent bon la privatisation du collège oú le privé payant assurera des programmes plus normaux (élitistes) qu’un collège de banlieue classé REP (ou ZEP à mon époque, à chaque décennie son sigle pour établissements de seconde zone, hein…).

D’ailleurs, à propos du mot « projet », je vous conseille de regarder des vidéos de Franck Lepage sur ce sujet (Youtube, Inculture, Franck Lepage). C’est consternant que les « penseurs » de l’école tombent dedans…

le fond et la forme

Sur le fond, tout peut se discuter. Enlever des heures de Français, des heures de LV1 ou LV2 (nous sommes tellements bons en langues étrangères dans ce pays !) ou rajouter des ateliers peintures, des heures de ping-pong…

Sur la forme, c’est une source sans fin de renoncements.

Renoncements philosophique et intellectuel : pour aider nos enfants et notre jeunesse, on soustrait des heures, on arrête des options et on stoppe des aides personnalisées, tout en soutenant, les yeux dans les yeux, que ce sera mieux. Moins + moins, ça fait rarement plus.

De plus, le PS avance masqué en préparant un plan social massif dans l’Education Nationale : que va-t-on faire d’un professeur d’allemand qui avait 18h de cours par semaine qui n’en aura plus que 7h ensuite ? On le vire ; voir un avant/après pour comprendre que les trous dans un emploi du temps sont un job de professeur qui disparait.

Renoncement démocratique : on fait semblant de débattre pendant 24h puis dans la nuit, un décret parait pour valider la réforme. Quel abruti peut penser que « ça va l’faire ? ». Oh les gars, on est en 2015, on a internet pour  surveiller vos conneries et communiquer ! Réveillez-vous !

Conclusion

Après la loi sur le renseignement et la loi Macron version 49.3, respectivement destructrices de la vie privée et de la vie familiale des Français, nous aurons la réforme du collège par décret pour préparer la destruction de notre système scolaire.

Question à cent balles : dans quelles écoles vont les enfants de nos ministres, plutôt grande couronne lyonnaise (parisienne) ou centre-ville huppé ?

Des solutions positives existent avec des contreparties acceptables : renforcer les matières de base comme le français, les mathématiques, l’histoire-géographie et une langue vivante, en repoussant l’apprentissage d’une seconde langue vivante à la faculté et en réduisant le sport a deux heures en fin de semaine ?

Le Parti Socialiste au pouvoir, avec sa politique anti sociale et anti citoyenne, se prépare à une longue traversée du désert qui j’espère lui sera fatal. Cela permettrait de faire émerger une force alternative à la pensée unique pro capitaliste, productiviste, anti écologiste de partis tels que le PS, l’UMP ou le FN. Une force qui proposera de sortir de la démocratie représentative. C’est beaucoup demander mais on ne sait jamais…

site d’informations sur la réforme : http://www.reformeducollege.fr/

– Damien

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.