le big data, cette dictature économique

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il est intéressant de voir à quel point nous sommes réduits à des équations et des statistiques. Ou choquant, c’est à vous de voir. Si nous pouvons avoir la sensation que des comportements se recoupent ou des habitudes de consommation se reproduisent, les études statistiques ont pris une ampleur sans nom avec, d’une part, l’augmentation de la puissance des ordinateurs ces 20 dernières années pour simuler et calculer et, d’autre part, l’élargissement du bassin de données exploitables.

Je m’attarderais sur le deuxième point, le gigantesque bassin de données : nous.

Les entreprises commerciales se nourrissent de notre quotidien, de nos conversations, de nos photos, de nos déplacements, de notre physiologie, de notre corps… Au début, il s’agit de nous rendre un service gratuit, d’améliorer notre sécurité ou de nous faire un rabais sur un produit. Gmail offre une messagerie email associée à une suite bureautique en ligne ainsi que de nombreux services gratuits, Facebook nous permet de communiquer avec nos amis, de partager des photos et de jouer, Axa nous propose un rabais sur notre assurance santé si on porte une montre connectée…

Nous sommes leurs puits de pétrole dans lesquels ils forent. Ils exploitent chaque goutte de notre vie privée, de nos statistiques pour rentabiliser leurs investissements. Par investissements, comprenez opportunités de profits personnels.

Puis, arrivera la bascule : le moment où ces compagnies nous demanderont de porter obligatoirement un objet connecté pour contrôler notre santé, notre activité physique, nos déplacements, notre conduite automobile, le remplissage de notre frigo… Nous créeons petit à petit notre future prison numérique.

Aujourd’hui, vous obtenez un rabais parce que vous utilisez une montre connectée et que vous faites de la marche, vous obtiendrez peut être aussi un rabais parce que vous utilisez un frigo connecté… Demain, soyez sur que vous paierez plus cher parce que l’entreprise cherchera votre point faible (surpoids, tachycardie, myopie…) et justifiera ainsi ces primes supplémentaires : « Vous êtes un client à risques mais dans notre grande générosité, nous consentons à vous assurer ». Le modèle se retournera contre nous. Ou alors vous paierez encore plus cher parce que vous refuserez de vous dévoiler ou de vous faire analyser par une multinationale. Ou alors personne ne voudra vous assurer parce que vous refusez de porter un téléphone ou montre avec GPS : on vous reprochera d’avoir des choses à cacher. La liberté aura donc un prix. Ce sera la soumission aux droits des multinationales.

Utiliser des services comme Yahoo, Gmail ou Facebook maintenant, c’est créer la matière première qui amènera à notre futur enfermement. En passant des contrats avec des boites comme Axa ou UnitedHealth, cela leur donne raison de continuer plus avant leur travail de collecte et d’analyse. Négliger l’importance de sa vie privée aujourd’hui se paiera cher dans les années à venir.

Pour conclure, je me dis que résister devient difficile. Les gens n’ont pas conscience de l’importance de la vie privée. Et quand bien même ils soulèvent le problème, ils continuent d’utiliser leur Gmail, iOS et autre Facebook parce que changer, »ça n’est pas leur priorité », excuse entendue mille fois.

Que faire pour imposer le respect de nos vies privées face à des multinationales ?

Quel est le poids des 1,5% utilisateurs de GNU/Linux face à un Windows encore dominant, un Chromebook et un Mac en pleine expansion ?Comment imposer des formats libres alors que 99,9% des gens ne savent pas ce que c’est ?

Comment se débarrasser des OS mobiles propriétaires comme Android, iOS ou Windows alors que les alternatives sérieuses n’existent même pas ? Désolé pour FirefoxOs et ses 0.0001% de parts de marché…

Comment faire comprendre que Facebook est le problème alors qu’il y a plus d’un milliard d’utilisateurs ?

– Damien

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