le système fiscal est un logiciel propriétaire verrouillé par les plus riches

Suite à un post sur Diaspora* concernant les révélations des Panama Papers, nous en sommes venus à parler  des paradis et des enfers fiscaux.

Un enfer fiscal, selon certains, serait un lieu oú les plus riches seraient oppressés par les impôts imposés par l’état. Une oppression telle qu’ils pourraient peut être en mourir, voir être ruinés. Comme je n’ai pas connaissance d’une hécatombe de riches ruinés et mourants, je pense qu’il n’y a pas d’enfer fiscal.

Ou alors il se cache ailleurs : l’enfer fiscal existerait dans la complexité du système lui-même, dans son opacité et dans sa façon de fonctionner. Le législateur se serait acharné à créer cette usine lourde et vicieuse dans un seul but : accorder aux plus riches un moyen d’échapper à la solidarité.

le système fiscal “propríetaire”

Le système fiscal ressemble à la structure d’un logiciel propriétaire : personne ne sait ce qu’il y a dedans, personne ne sait le modifier et ceux qui veulent le modifier pour le rendre transparent n’ont pas les clés pour le faire.

Les personnes qui ont les clés ont mis le système au pas : ils le contrôlent et l’ont programmé pour qu’ils soient à leur avantage.

Des entreprises cachent leur argent dans les paradis fiscaux : les décideurs politiques ont validé cela par la loi.

Des entreprises installent leurs sièges fiscaux en Irlande ou au Luxembourg, pays jouant la concurrence avec leurs alliés européens : les décideurs politiques ont validé cela par la loi.

Les personnes les plus aisées dans notre pays paient proportionnellement moins d’impôts que les plus pauvres : les décideurs politiques ont validé cela par la loi.

Cinq cent neuf niches fiscales sont disponibles : les décideurs politiques ont validé cela par la loi.

baisser les impôts : la solution?

La baisse des impôts n’est même pas le problème pour ces banques au fond. Elles ne sont pas à l’agonie, ni en train de lutter pour leur survie, loin de là. C’est la recherche permanente et absolue de profit, sans vision à long terme, qui les dirige.

J’écoutais un analyste à la radio ce week end qui expliquait que les banques ne voulaient plus investir ou prêter d’argent et préféraient le laisser dormir dans des usines à blanchiment à bas rendement plutot que d’aller dans l’économie réelle.

Comme on demande aux états de ne plus investir non plus : nous sommes donc dans une impasse. Digression : oui, l’état n’investit plus, il dégresse, il fait de l’austérité par réflexe pavlovien. Dans quel but ? Pour privatiser. Privatisations qui se feront via des entreprises qui ensuite placeront leur argent dans des paradis fiscaux, n’investissant plus, se plaignant du manque de croissance… etc (serpent, morsure, queue, bref…).

Ceux qui rêvent donc du retour de la croissance, nos entreprises et nos politiques donc, sont ceux qui n’investissent plus. Difficile d’avoir un retour sur investissement quand justement on n’investit plus rien !

Alors on désigne le RSA, les pauvres, le code du travail, les immigrés, les impôts comme frein à la croissance…La liste des boucs émissaires est longue.

Rappelons que le budget annuel de l’état est stable depuis 30 ans (et a même baissé sur 30 ans en % du PIB, le saviez-vous ?). Par contre, les rentrées d’argent baissent inexorablement sur la même durée :

  • baisse des impôts des classes supérieures et aisées avec la baisse de l’impôt de solidatité sur la fortune, la baisse des droits de succession (ca ne devrait pas plaire aux “vrais libéraux” canal historique) et la baisse de l’impôt sur le revenu (des plus riches, hein pas des plus pauvres).
  • baisse permanente des recettes en impôts et cotisations sociales des entreprises depuis 30 ans, don gratuit de 44 milliards aux entreprises via le CICE cette année, évasion fiscale évaluée à 60-80 milliards par an depuis deux ou trois décennies.

Pour faire simple, votre famille a le même crédit auto depuis 10 ans à payer, les mêmes dépenses de nourriture, de vêtements, de docteur et de loisirs, sauf que votre employeur a baissé vos rentrées d’argent d’un quart, voir de moitié : difficile de tout payer à la fin du mois.

conclusion

Ceux qui tiennent le logiciel fermé sont nos politiciens au service des plus riches. Ce sont eux qui valident les lois de ce pays, qui maintiennent le système. Allons chercher l’argent qui est caché dans les usines de blanchiment et de détournement d’argent que sont les soit-disants “paradis fiscaux”.

Il faut donner des chiffres concrets : 60 milliards de récupérés, c’est financer l’enseignement scolaire en France pour une année. 80 milliards de récupérés, c’est l’enseignement scolaire + les dépenses de retraites pour un an d’assurer. Ca n’est pas de la magie, c’est récupérer ce qui a été généré sur le territoire national par nos efforts et nos contributions.

D’ailleurs, à ce sujet, petit provocation : à quand la déchéance de nationalité et confiscation des biens et ressources financières à ceux qui trahissent le pays et l’intérêt national en terrorisant les finances publiques ?

A nous de demander l’ouverture du logiciel fiscal, sa transparence et la réecriture du code source.

 

– Damien

 

 

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