en attendant que le système tombe

Suite à une discussion sur Diaspora*, ma première idée est que l’éducation et le partage de l’information permettent aujourd’hui aux citoyens de prendre conscience de la défaillance de notre système démocratique.

Est-ce que ce sera suffisant pour voir une nouvelle démocratie émerger dans notre pays ou en Europe dans le futur ?

Je ne le crois pas.

le système actuel n’est pas réformable

Les lobbys industriels et bancaires sont trop puissants pour permettre à un pouvoir politique, ayant l’intérêt général comme programme, de se faire élire, voir de gouverner une fois élu.

Seule une catastrophe nous ferait changer et encore… je n’en suis pas convaincu. Il faut voir la puissance des lobbys suite a l’incident Fukushima ou suite a la crise financière de 2008. Tout est fait pour que rien ne change. Le pouvoir en place, aidé et soutenu par le pouvoir économique (nucléaire, automobile, banque… selon les cas) et médiatique de masse (TF1, Figaro, Europe 1, RTL….), impose une façon de penser.

Le retour du nucléaire est programmé au Japon. Le monde de la finance en Europe n’a vu aucune régulation apparaitre, et ce n’est qu’une question de temps avant qu’une nouvelle crise ne se produise.

– Fukushima, c’est la faute au raz de marée.
– Daech et le groupe Etat Islamique, c’est la fautes aux terroristes musulmans.
– La crise financière, c’est la faute aux produits financiers mal calibrés.
– 10% de chômage en France, c’est la faute au droit du travail, aux cotisations patronales et sociales et aux profiteurs.

Peut être y a-t-il de meilleures réponses à apporter à ces excuses mais nous ne les entendrons pas.

En fait, il faut attendre l’effondrement du système dans son ensemble avec plusieurs catastrophes – écologique, financière, sanitaire et industrielle – assez rapprochées dans le temps afin que le système soit fortement endommagé et qu’il n’encaisse pas le choc, afin que les dirigeants politiques et le pouvoir économique ne puissent pas intoxiquer les pensées des citoyens ou imposer un story telling médiatique à tous.

militer pour un parti politique, même alternatif : dans quel but ?

On ne peut pas changer les choses, ni de l’intérieur, l’exemple de Tsipras est singulier, ni de l’extérieur. Il faut donc attendre les chocs qui mettront à bas le système.

– Damien

 

le marketing néolibéral et économique

En économie, on entend souvent des termes positifs et très vendeurs pour le grand public : l’ouverture à la concurrence (peut-on contre l’ouverture ?), la libéralisation qui appelle en nous les valeurs de la liberté, le libre-échange soit la liberté d’échanger facilement… Bref, que de termes magnifiques et très positifs, n’est-ce pas ?

On peut également chercher des traductions plus directes et en rapport avec notre vie quotidienne pour traduire ces expressions.

  •  Concurrence à traduire en liberté absolue de faire des affaires et des profits. Dans la liberté absolue, il faut dire au revoir aux normes et règles imposés par l’Etat pour préserver l’intérêt général et ses citoyens, terme souvent oublié…
  • Ouverture à la concurrence et libéralisation à traduire en soumission au droit des multinationales de faire des affaires et des profits, c’est-à-dire élimination des règles, voire privatisation quand il s’agit des services.
  • le Marché à traduire en parlement des multinationales et autres spéculateurs
  • Libre-échange à traduire en liberté de faire des affaires et des profits
  • Traité (ou accord) de libre-échange à traduire en traité de liberté des affaires
  • Investissement à traduire en opportunité de profits personnels
  • Investisseur à traduire en multinationale
  • Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement GMT / TTIP / TAFTA  à traduire en Traité euro-américain
  • Accord sur le Commerce des Services  TISA (lire ici et ) à traduire en Traité de privatisation des services publics

La liberté, dans la pensée néolibérale, ne se base donc pas sur celle des citoyens mais uniquement sur la liberté des entreprises de produire et de vendre ce qu’elles veulent, comme elles veulent, dans les conditions qu’elles décident, quand elles veulent.

Amusez-vous à prendre n’importe quel article économique de la presse (pages saumon du Figaro ou la rubrique Économique du Monde) et remplacez les premiers termes par leurs péri-phrases explicatives et le texte apparaitra sous un nouveau jour, beaucoup plus crû et révélateur.

 

– Damien