le navigateur Opéra racheté par des géants de l’internet Chinois

Suite à l’appel du pied de Cyrille sur le rachat d’Opera par des géants chinois. Je vais exprimer mon sentiment.

Tout d’abord, c’est un sentiment mitigé.

Opera est un bon produit, il a maintenant un futur avec 2 soutiens financiers. J’imagine que les acheteurs ont des plans et vont investir massivement. La pérennité du navigateur est assurée.

Or, c’est la Chine effectivement… Pas spécialement démocratique. Un peu comme notre pays en ce moment avec ces histoires de Loi Renseignement, État d’urgence permanent et magouilles parlementaires.

Pour le coup, je vais réinstaller Chromium en navigateur secondaire, Firefox étant de retour en numéro 1 parce qu’il faut qu’il conserve sa part de marché, il ne reste plus que ça en outil « grand public » Mozilla.

Après « sauvez Willy », je lance l’opération « sauvez Firefox »…

ce qui a tué Thunderbird

Thunderbird est un client email. Un client email, c’est un truc de vieux, un outil inconnu de la plupart des gens qui consultent leurs emails sur le web via leur portail (gmail, hotmail, yahoo…). De plus, les emails sont maintenant majoritairement consultés sur les mobiles. Et sur ces mêmes mobiles, les emails sont remplacés par les messageries instantanées de type Whatsapp, Viber ou Facebook Messenger.

Alors oui, quel futur pour un client mail ? Quel intérêt d’avoir un client lourd installé sur son ordinateur ?

A titre personnel, oui, j’utilise Thunderbird. Il me permet de consulter mon compte perso, mon compte Spirale Digitale, mon compte utilisé pour Stop TAFTA Lyon, mon compte poubelle… Qui s’impose une telle gymnastique ?

Thunderbird n’est donc pas relié aux messageries instantanés, ni connectés aux outils en ligne de type Google Drive ou Owncloud et synchroniser un calendrier est un peu compliqué pour les néophytes. Sa mort programmée ne me surprend pas vraiment.

Malgré 10 millions d’utilisateurs, cet outil va certainement s’arrêter : si chaque utilisateur donnait un euro par an, ce client serait le meilleur du monde. Mais la culture du libre oublie trop souvent qu’il faut passer par la case paiement. A bon entendeur.

A ce propos, Openmailbox attend vos dons pour continuer en 2016.

 

Windows 10 fait sa rentrée : une opportunité pour le logiciel libre ?

Une rentrée de plus, que dire ?

Microsoft a lancé son nouvel OS cet été, le Windows 10. Une version qui s’assume, la version que Microsoft aurait du sortir depuis longtemps : celle qui contrôle tout et espionne tout afin de protéger violemment les intérêts de la compagnie mère contre l’utilisateur frauduleux. Car oui, pour une multinationale qui veut faire de l’argent, l’utilisateur est un problème : il ne rapporte jamais assez d’argent.

Windows 10 remonte tout à son maitre, vos données, votre navigation internet, les logiciels que vous utilisez et stoppera dans le futur vos logiciels piratés. Finis les Microsoft Office crackés, les Photoshop gratuits et les jeux piratés.

Est-ce un mal au final ?

Que Microsoft veuille maximiser ses investissements en chassant les Word et Excel piratés, je peux le comprendre. En développant des logiciels, Microsoft ne fait pas d’humanitaire, ils veulent gagner de l’argent en entretenant leur monopole. Maintenant que tout le monde est tombé dans le piège de l’utilisation du logiciel propriétaire et fermé, il faut ramasser le jackpot.

Tout le monde utilise Word et Powerpoint sans se poser de question ? Hop, il va falloir payer.

Une alternative gratuite et efficace existe et s’appelle LibreOffice, peut être que les gens franchiront la porte du logiciel libre. Peut être.

Concernant les jeux vidéos, les studios investissent de grandes sommes dans la production de jeux et un juste retour sur investissement ne me choque pas outre mesure.

Par contre, ce qui me choque, c’est le fait que Microsoft va maintenant s’intéresser aux données privées de ses utilisateurs. Vos faits et gestes seront analysés une fois de plus par une société commerciale. Votre ordinateur va se retourner plus ou moins contre vous, avec comme but ultime de vous vendre, vendre et vendre encore des choses.

La technologie est une fois de plus orientée vers la consommation : vous devez consommer à tout prix. Sans relache, la consommation est le but ultime à atteindre. Et pour vous accompagner dans cette course, quoi de mieux que d’analyser votre vie numérique pour le faire ?

Que ce soit Google, Apple, Facebook ou Microsoft, aucune de ces entreprises ne va oeuvrer pour votre bien être. Si dans un pemier temps, vous baignez dans une mer tranquille d’applications pratiques et de services bien ficelés, cela ne sert qu’un but : vous garder captif dans leurs produits, vous faire ensuite consommer leurs produits et vous utiliser, vos données, vos pensées, vos sentiments, pour entretenir cette captivité.

Les gueguerres pro Apple, Android ou Windows sont stupides : c’est la bagarre pour savoir qui a le meilleur geolier, qui à la meilleure prison.

Qu’on le veuille ou non, qu’on le nie ou pas, la seule liberté est dans le logiciel libre, la neutralité du net et le respect de la vie privée des internautes.

Spotify vient d’en prendre plein la tête en voulant changer ses conditions d’utilisation afin de moissonner les données de ses utlisateurs. La compagnie a reculé mais pour combien de temps ?

La communauté du libre va-t-elle se fédérer autour de quelques projets moteurs pour grapiller des parts de marché à Microsoft ?

– Damien

Edit : ca ne fait pas 3 minutes que j’ai publié cette page que je le lis ceci : http://www.numerama.com/magazine/33707-confirmation-windows-10-installera-ce-qu-il-veut-chez-vous.html

Incroyable.

 

pourquoi encourager le logiciel libre dans les associations ?

Suite au retour de la Spirale, je republie certains billets. Ce billet est une prise de notes de la conférence de Pierre Yves Gosset, membre de Framasoft, lors des 15ème Journées du Logiciel Libre (Lyon) le samedi 12 avril 2014

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définir le libre : ce sont des valeurs que partagent le monde associatif.

1) utiliser
2) étudier
3) partager
4) modifier

L’image utilisée est celle de la recette de cuisine, que nous utilisons, que nous étudions, que nous pouvons partager et que nous pouvons modifier.

définir le cloud (infonuagique en français)

Utiliser des serveurs distants pour stocker et traiter vos données

utiliser des entreprises comme Google et Facebook pour son association ?

1) il y a un problème du tracking permanent de ce que vous faites sur internet de leur part.
2) on ne change pas de modèle de consommation : tout en haut, quelqu’un décide ce que vous verrez sur votre écran.
3) on sous-traite ses propres données : on devient dépendant de solutions extérieures.
4) on sous-traite sa vie privée : elle est entre les mains d’une société extérieure. Qu’en est-il de la collecte et de l’exploitation de vos données et de celles de vos adhérents ? Personne ne sait.

et mon association dans tout ça ?

1) vous ne maîtrisez pas ces services « cloud ». Du jour au lendemain, le service que vous utilisez peut devenir payant, le service peut radicalement changer, voir pire, les données peuvent être perdues.

2) vous imposez vos choix à d’autres personnes. Elles devront se connecter à ces services, et peut être même créer un compte à ce service, sans voir le choix.

les solutions ?

1) pour éviter que les membres de votre association et les visiteurs ne soient traqués en se rendant sur votre site, il faut enlever les publicités : mais quid de cette potentielle rentrée d’argent ?

2) les visiteurs du site doivent passer a une économie de la contribution, pas seulement consommateur, en faisant des dons à votre site.

3) héberger soi-même ses données, cela ne coûte pas nécessairement cher

4) ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier en utilisant un seul et même fournisseur de services pour tout (email, agenda, stockage de fichiers, réseau social, base de données d’adhérents…)

5) s’informer, se former pour comprendre ce qu’on utilise

6) être conscient des traces que nous laissons sur internet selon les services utilisés.

7) utiliser les bons outils, libres de préférence
– http://framastart.org
– Clibre.eu

_ Damien

le monopole, l’outsider & le libre

contexte : suite à billet de Cyrille sur le thème du logiciel libre qui ne veut pas dire plus sécurisé, j’avais écrit ce billet.

Quand Cyrille écrit que le libre ne veut pas dire plus sécurisé, on peut aussi completer la phrase en disant que le libre ne veut pas dire meilleur, c’est-à-dire plus ergonomique ou plus efficace… Bon, certes, j’enfonce les portes ouvertes mais ça va mieux en le disant.

En fait, je dirais que les choix sont plus nombreux qu’on ne le croit, ce n’est pas simplement logiciel propriétaire contre logiciel libre mais plutôt monopole propriétaire contre outsider propriétaire et acteur libre. Par outsider propriétaire, je parle d’un service ou d’une application qui essaie de concurrencer un monopole bien établi avec un produit qui essaie de se démarquer.

Si on prend les services de cartographie, on peut éviter Google Maps (monopole propriétaire), éviter OpenStreetMaps (libre) et préférer Here de Nokia (outsider correct).

Pour les navigateurs web, on peut éviter Chrome/Chromium (monopole propriétaire et je mets Chromium dedans car même opensource, vous irez mettre les addons du Chrome store de Google), tout comme on peut vouloir éviter Firefox (libre de chez Mozilla) et préférer Opera (outsider propriétaire mais qui a ses propres add-ons) ou Vivaldi (outsider propriétaire).

Le libre ne peut pas remplir toutes les cases du monde numérique, il suffit de voir le fameux Degooglisons internet de Framasoft ou des sites d’alternatives [1] [2] pour se rendre compte qu’il y a des manques importants dans le libre ou alors des offres trop techniques, inacessibles pour le commun des mortels, dont je suis.

le premier choix ? Éviter le monopole

Ma première priorité est d’éviter le monopole : je ne lui fournis pas mes données volontairement, je ne lui fais pas de publicité, je n’entretiens sa position dominante et je n’hésite pas utiliser d’autres services concurrents, même propriétaires.

Pour faire simple, en un schéma :

monopole propriétaire < outsider propriétaire < le logiciel libre (oui, le libre, c’est comme le gras, c’est la vie !)

Cela permet à des alternatives d’émerger, même propriétaires, et de faire face au monopole. Le monopole peut, avec un peu de chance, se remettre en question et s’améliorer en changeant. On peut toujours rêver, non ?

conclusion

Je sais défendre le logiciel libre mais ça n’est pas pour cela que je ferme la porte à des services et logiciels propriétaires qui apparaissent. Ce serait trop simpliste : cela empêcherait des éditeurs ou des créateurs d’émerger alors que leur travail mérite d’être soutenu. La route est longue et difficile face à un GAFA, que ce soit en empruntant la voie du libre, et nous ne le savons bien, ou en empruntant la voie d’un service propriétaire naissant et prometteur.

Pour ma part, j’éviterais toujours d’entretenir le monopole. C’est une façon de voir le monde, cela rend les choses plus compliquées par moment, je le reconnais, mais c’est gratifiant sur le long terme. Cela permet la concurrence saine ainsi que de voir des idées nouvelles apparaître, de ne pas se retrouver dans un monde binaire, on peut espérer des sociétés commerciales sérieuses et respectueuses de leurs utilisateurs dont le modèle économique ne se retourne pas tout le temps contre nous.

 

– Damien

méthode commerciale douteuse de la part de Wuala

Cela fait de nombreuses années que je conseille le site de stockage Wuala pour son chiffrement en local, sa rapidité et son application .deb bien faite.

Récemment, Wuala, qui offrait 5 Go de stockage gratuit, est passé au modèle 100% payant. J’ai de mon côté reinstallé mon PC ces derniers mois et je n’ai pas pensé a réinstaller mon compte Wuala.

Ayant reçu un message de Wuala cette semaine m’indiquant que mon compte, inutilisé depuis 90 jours, allait être effacé dans 30 jours.

message Wuala

Je décide donc de me connecter à mon compte afin de vérifier la teneur des fichiers que j’avais stocké afin de voir si je les efface ou les conserve via une offre payante : impossible de me connecter car mon compte a dépassé le quota de 5 Go. Je me rappelle avoir reçu des Go gratuits en plus grâce à des inscriptions faites via mon lien de parrain.

Je me retrouve donc dans la situation oú je dois passer obligatoirement par l’offre payante pour consulter mon compte. Ca m’apprendra à ne pas avoir de tête… Oh je sais plus ou moins ce que j’avais stocké mais on ne sait jamais.

Tout ça pour dire qu’une entreprise commerciale peut changer de modèle économique du jour au lendemain, que votre email, vos données, vos photos peuvent partir en fumée et disparaitre du jour au lendemain (ou presque, là, il s’agit plus d’un oubli de ma part). La seule voie possible en informatique est la voie du libre, celle qui vous permet de contrôler les choses, pas que les choses vous contrôlent.

Après discussion avec le Support Wuala, c’est niet.

Désolé M. Wuala mais tu n’es pas très sympa pour le coup, surtout après des années de vie commune.

 

– Damien

la spirale digitale est de retour

Mon retour est motivé par différentes choses :

– un excellent billet d’Augier intitulé « La France, cet état totalitaire »

cet article du Nouvel Obs dans lequel on nous explique que le président français s’est entouré d’une bande de trentenaires sur-diplômés, élevée au bon grain des grandes écoles toutes sur le même moule élitiste, déconnectée de la réalité à 1100 € le SMIC par mois

– parce que même les journaux dits sérieux font de la merde en assimilant internent et terrorisme avec des pourcentages de 0.05%

– parce que la NSA s’en donne à coeur joie avec nos cartes SIM dans l’indifférence générale (et la complicité de nos gouvernants donc ?)

– parce que je lis un billet d’une telle qualité que je me dis qu’il y a des gens brillants sur lesquels il faut s’appuyer et dont il faut promouvoir l’action

– parce que plus nombreuses seront les voix à s’élever contre toutes les formes d’injustice, plus grandes seront les chances de faire évoluer les choses

Je rajoute donc ma voix, même si elle rajoute du bruit au bruit, tant pis. Je reviens sur ce que j’avais dit.

Je vais donc republier certains articles passés et je vais écrire de nouveaux billets. Je ne sais pas si ma démarche est la bonne mais c’est ce dont j’ai envie.

Merci aux nombreuses personnes qui m’ont fait part de leur soutien, sollicitude et amitié ces derniers mois, je n’oublie pas.

On se retrouve sur Diaspora* et sur Twitter. Comme d’habitude.

– Damien