horrifié par le prix d’un iPhone ou d’un Samsung Galaxy ?

600 €, un bout de plastique rectangulaire, pour passer des coups de fil et faire joujou avec 3 applications, ca me fait halluciner.

Faut-il mettre la moitié d’un SMIC dans un téléphone, sérieusement ?

N’y a-t-il pas des choses plus importantes à acheter pour vous ou votre famille pour ce montant là ?

600 €, c’est :

– un lave-linge séchant utile pour toute la famille

– c’est un ordinateur fixe ou portable de bonne qualité

– un lave vaisselle haut de gamme

– trois téléphones de bonne qualité [1] [2] [3]

Bon, j’arrête ma démonstration à deux balles. Je pense qu’il faut mettre les choses en perspective. L’informatique, internet, les smartphones… tout ça, c’est bien mais quel sens donner à nos achats ? Achetons-nous les choses pour correspondre à une mode ou sommes-nous ancrés dans le réel ?

Je suis un fan de nouvelles technologies. J’adore comparer, observer et acheter mais pas à n’importe quel prix et pas n’importe quoi, et surtout, selon mes besoins.

Le marketing a un pouvoir très important : celui de nous faire acheter ou « craquer » pour des choses surdimensionnées par rapport à nos besoins ou des produits à la mode, tout simplement. Et certaines compagnies sont meilleures que d’autres pour vendre du rêve.

C’est à nous, en tant que consommateurs, de faire appel à notre esprit critique et notre esprit d’analyse pour étudier nos besoins et acheter en conséquence. Pas en se faisant influencer et manipuler par le marketing ou un vendeur commissionné dans un magasin.

Pour conclure, je pense qu’Internet est un avantage pour les consommateurs responsables : il permet de se renseigner sur l’existence de produits alternatifs, les caractéristiques d’un produit, sur l’avis des consommateurs et de trouver la source pour acheter au meilleur prix.

– Damien

 

le marketing néolibéral et économique

En économie, on entend souvent des termes positifs et très vendeurs pour le grand public : l’ouverture à la concurrence (peut-on contre l’ouverture ?), la libéralisation qui appelle en nous les valeurs de la liberté, le libre-échange soit la liberté d’échanger facilement… Bref, que de termes magnifiques et très positifs, n’est-ce pas ?

On peut également chercher des traductions plus directes et en rapport avec notre vie quotidienne pour traduire ces expressions.

  •  Concurrence à traduire en liberté absolue de faire des affaires et des profits. Dans la liberté absolue, il faut dire au revoir aux normes et règles imposés par l’Etat pour préserver l’intérêt général et ses citoyens, terme souvent oublié…
  • Ouverture à la concurrence et libéralisation à traduire en soumission au droit des multinationales de faire des affaires et des profits, c’est-à-dire élimination des règles, voire privatisation quand il s’agit des services.
  • le Marché à traduire en parlement des multinationales et autres spéculateurs
  • Libre-échange à traduire en liberté de faire des affaires et des profits
  • Traité (ou accord) de libre-échange à traduire en traité de liberté des affaires
  • Investissement à traduire en opportunité de profits personnels
  • Investisseur à traduire en multinationale
  • Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement GMT / TTIP / TAFTA  à traduire en Traité euro-américain
  • Accord sur le Commerce des Services  TISA (lire ici et ) à traduire en Traité de privatisation des services publics

La liberté, dans la pensée néolibérale, ne se base donc pas sur celle des citoyens mais uniquement sur la liberté des entreprises de produire et de vendre ce qu’elles veulent, comme elles veulent, dans les conditions qu’elles décident, quand elles veulent.

Amusez-vous à prendre n’importe quel article économique de la presse (pages saumon du Figaro ou la rubrique Économique du Monde) et remplacez les premiers termes par leurs péri-phrases explicatives et le texte apparaitra sous un nouveau jour, beaucoup plus crû et révélateur.

 

– Damien

 

 

iPhone et lutte des classes

L’inspiration de ce billet est venu en lisant le billet d’Augier « iPhone et lutte des classes » sur le blog de Laurent Napias.

La force d’Apple a toujours été son marketing.

Il fabrique le téléphone, l’OS et assure la vente et l’après-vente dans de somptueux magasins. Ce sont également les seuls à avoir payé des stands permanents dans les FNAC et autres magasins spécialisés (ce que commence à peine à faire la concurrence dans certaines boutiques).

Acheter Apple, c’est acheter du rêve, c’est acheter plus qu’un produit manufacturé, c’est s’upgrader soi-meme en tant qu’individu, ca permet de devenir quelqu’un, de le montrer.

Les produits Apple ont toujours couté chers parce que le rêve ou l’image marketing qui les entourent est forte, même si la concurrence fait mieux pour le même prix, il n’y a pas la supposée classe qui va avec.

Au boulot, j’ai des collegues féminines qui ont achetées un iphone 4, puis 5 : elles l’exhibent fièrement comme on exhiberait une bague en or ou un foulard Hermes. Signe de richesse exterieure, d’appartenance au monde moderne actuel, un peu comme un cri :

Eh oh, moi aussi, je suis quelqu’un de bien, je suis là, je vaux la peine !

En leur demandant ce qu’il avait de plus que les autres ou pourquoi elles avaient commandé téléphone à 500 Euros, je sentais bien que je créais un malaise d’emblée.

Cela révèle un manque de connaissance technique evident pour des acheteurs qui vont utiliser 3 applications et passer des appels de payer un engin 500 Euros, peut être un manque de personnalité également en achetant le produit que tout le monde achète. Mais cela révèle surtout la force du marketing, la très grande puissance du marketing en général.

C’est pour moi un argument majeur pour expliquer que la publicité, ca marche, que les marques peuvent influencer les comportements d’achat du plus grand nombre.

 

– Damien