tablettes et téléphones Ubuntu, c’est parti !

Vous devez être au courant, ca y est, le système d’exploitation GNU Linux Ubuntu va apparaître sur une tablette et sortira sur un nouveau téléphone haut de gamme !

Je plussoie l’article de Dada à ce sujet, c’est une véritable chance à saisir et cela à plusieurs titres.

  • avoir un matériel sous Ubuntu, c’est prendre ses responsabilités face au duopole Android Google et iOs Apple
  • c’est soutenir une troisième voie : celle de la défense de la vie privée et de nos libertés. Liberté tout court de pas voir nos données servir de pompes à fric pour Google, liberté de bricoler Ubuntu qui est un système ouvert face à un système fermé et cadenassé comme Apple.
  • c’est aussi faire preuve d’originalité comme le souligne si bien Dada et de se faire remarquer avec un matériel qui se distingue des smartphones ennuyeux et uniformes de la galaxie Samsung (jeux de mot/rire dans la salle) et iPhone.

La tablette BQ Aquaris M10 est une tablette de moyenne gamme, idéale pour 80% des taches : faire du surf sur le net, regarder des films, faire du réseau social ou consulter ses emails et peut être pas trop de jeux puissants par contre. En définitive, cela comblera donc 100% des mes attentes et me permettra de remplacer ma tablette googlisante actuelle.

Quant au téléphone Meizu Pro 5 Ubuntu, il est très satisfaisant : puissant, bon appareil photo et de la RAM à gogo, ce sera donc un téléphone moderne et tout à fait à la hauteur. Un futur remplaçant de mon BlackBerry, sans devoir passer par Android ou iOS, ce qui est un véritable soulagement pour moi.

Emballons nous, achetons ces produits là et voyons ce que nous réserve ces 2 belles alternatives !

– Damien

oui, l’arrivée d’une tablette sous Ubuntu est une bonne nouvelle

J’apprenais avec joie que des tablettes sous le système d’exploitation Ubuntu vont arriver sur le marché courant avril 2016.

Je possède une tablette Samsung Galaxy 2 depuis 2-3 ans, elle commence à ramer mais elle remplit encore son office : diffuser des séries quand je suis en déplacement professionnel, faire tourner Neflix à la maison, faire du Twitter via Plume et lire des flux RSS via The Old Reader.

L’intérêt d’une tablette, d’un téléphone ou d’un ordinateur sous Ubuntu est multiple :

  • un système d’exploitation ouvert et gratuit
  • un système qui respecte la vie privée de ses utilisateurs.
  • un système qui repose sur sa communauté, une communauté qui contribue à l’amélioration du système

Donc pas Google, Apple et Microsoft qui n’ont de cesse d’espionner tout ce que fait l’utilisateur, de connaître les moindres faits et gestes avec son téléphone ou son ordinateur et d’observer ces fichiers et données privées, sans parler de l’obligation de ces entreprises commerciales de gagner de l’argent pour répondre à la volonté de ses actionnaires.

la bataille commerciale des tablettes

Ubuntu arrive alors que le marché des tablettes est déjà bien saturé, c’est évident, mais la proposition est différente : le mot clé est convergence. L’intérêt pour Canonical, la maison-mère d’Ubuntu, est de proposer son système d’exploitation sur tous les formats possibles, ordinateur, téléphone et tablette. Ainsi, l’utilisateur final retrouve son environnement habituel sur tous les terminaux qu’il utilise, ainsi que les mêmes logiciels et progammes, synchronisés d’une plate-forme à l’autre, j’imagine.

Si Ubuntu ne peut pas s’imposer sur les PC face à l’omniprésence de Microsoft, l’arrivée sur tablette peut être un moyen de se faire connaitre plus facilement. Franchir l’étape de l’achat d’une tablette sous un OS différent sera certainement plus facile que d’acheter son ordinateur familial sous Ubuntu pour le grand public. J’imagine qu’un cout inférieur aidera à franchir le pas également. Pour consulter Marmiton, faire du Facebook et regarder des replays TV, une tablette Ubuntu aura des arguments à faire valoir bien évidemment.

la bataille politique des tablettes

Politiquement, il y a des pays que cela pourrait intéresser, comme la Russie et la Chine, qui n’ont pas la volonté de soumettre leurs données privées et surtout commerciales à une entreprise étasunienne qui marche main dans la main avec l’état US. Espérons que la politique internationale aidera les tablettes Ubuntu à se propager plus surement. A noter à ce sujet la sortie des Bq Ubuntu sur le marché russe.

La France parle de fabriquer son OS souverain afin de se détacher de l’influence des entreprises américaines : est-ce qu’un politique Français est au courant de l’existence de Mageia, une distribution GNU Linux développée par une association française depuis de nombreuses années ? Au lieu de gaspiller l’argent public comme ce fut le cas avec Numergy et Cloudwatt (« pour un cloud souverain », on en rit encore…), notre pays aurait meilleur compte de soutenir Mageia avec un financement digne de ce nom. Laissons faire les acteurs qui connaissent leur métier…

D’un point de vue plus ironique, pourquoi déclarer vouloir un OS français pour se défaire de l’influence étasunienne alors notre président prévoit de pousser plus avant l’intégration de notre pays dans l’OTAN, organe militaire tenu par les USA…. Inconsistance de nos politique ? Paroles, paroles ?

Bref, avoir une tablette sous Ubuntu disponible pour le grand public permettra d’engager et de continuer les discussions sur l’exploitation des données privées des utilisateurs, sur l’intêret d’un système communautaire plutôt que commercial et d’un systême ouvert et libre plutôt qu’un systême fermé qui fait « je-ne-sais-quoi-dans-notre-dos » et qui nous contrôle comme une marionnette.

– Damien

 

des tablettes pour les nuls, des pc pour les bons ?

Tout le monde a repris cette annonce de l’Education Nationale, celle qui concerne l’utilisation de tablette, appareil photo et ordinateur.

Faut-il s’émouvoir, se féliciter ou s’exciter contre ces nouvelles directives ?

Plusieurs choses à ce sujet :

1) les ventes de tablettes ont explosé et le marché stagne en ce moment

2) les ventes d’ordinateurs personnels ont baissé entre 2011 et 2013  et reprennent du poil de la bête cette année.

3) les constructeurs ont annoncé les uns après les autres vouloir abandonner les netbooks, ordinateurs portables de petite taille et très accessibles financièrement puis certains reviennent avec ce type d’ordinateurs via les Chromebook et Windows préparent un Windows dédié à ce genre de petites machines.

l’engouement pour les tablettes

Commençons par parler du phénomène planétaire iPad lancé par Apple. C’est la nouveauté des 5 dernières années, l’objet à la mode. Il faut reconnaitre son efficacité : surfer sur le net, regarder des vidéos ou écouter de la musique sur une surface de la taille d’un petit cahier, c’est impressionnant. On ne parle que de ça depuis deux ans et tout le monde a le mot « application » à la bouche. Et peu importe le prix. En tout cas, au début.

Ce phénomène est renforcé par le suivisme de tous les autres acteurs : chaque constructeur a sorti sa tablette, Microsoft y compris avec le retard qu’on sait. Aujourd’hui, les tablettes se suivent et se ressemblent, sans originalité donc.

Tout ça a tellement bien marché que les enfants, conditionnés par ces tablettes, commencent à développer des comportements inédits. C’est en définitive, et comme d’habitude, aux parents de montrer comment utiliser une tablette, sur une durée courte, avec des programmes intelligents ou ludiques.

Va-t-on encore demander à l’école de se substituer aux parents dans cette nouvelle mission numérique ? J’en ai bien peur.

usage de la tablette

La tablette correspond à un usage : celui de la mobilité poussée à l’extrême. Avoir une tablette entre les mains lors de déplacements, c’est vraiment agréable. Dans le train, à l’hôtel, vous êtes connecté à internet grâce à un objet qui ressemble à un livre de 600 grammes. A domicile, l’usage de la tablette permet de consulter des informations et de consommer du net d’une façon nouvelle.

Pour contrebalancer cela, je dirais que malheureusement la tablette correspond également à un usage passif : vous consultez des sites et de l’information en passant d’une page à l’autre. Vous interagissez peu, voir sommairement. Ce n’est pas évident d’écrire un post de forums ou un email de plus de trois lignes sur un écran tactile. Taper un rapport ou construire un tableau de chiffres devient vite compliqué, voir mission impossible.

Que sera proposé aux enfants de CP ? Allumer la tablette, lancer 2 applications, et après ?

l’ordinateur personnel, c’est pour la création

J’avoue ma très grande préférence envers l’ordinateur personnel, qui permet de créer sous de multiples formes – écrire des textes ou des emails, dessiner, remplir des tableau de chiffres, programmer – qui permet d’être acteur, moteur plutôt que passif du bout du doigt.

J’ai bien peur que l’apprentissage sur tablette réduise les champs du possible ou la créativité justement.

De plus, la tablette est complètement fermée : on ne peut rien changer, on n’a accès à rien. Il faut passer par des applications tenues par des firmes privées. Les marchés d’applications sont centralisés et chaque application doit passer une validation (censure ?) avant d’être proposée. Il faut même créer un compte avant de pouvoir lancer la tablette. Et si je veux l’utiliser sans m’identifier ? Je n’aimerais pas que mon enfant se voit imposer ce système de pensée ou ce modèle économique très restrictif.

Sur le long terme, je pense que la tablette reproduit le schéma de la télé : vendre du temps de cerveau disponible. Android et iOs sont les maîtres à bord de ce que nous voyons sur les tablettes. Faut-il l’imposer à nos enfants ?

Je ne suis pas contre une initiation à la tablette ou à l’ordinateur mais je me dis que des enfants de CP ont tellement d’autres choses à découvrir avec les livres et la lecture ou le début des mathématiques. Autant leur apprendre le fonctionnement théorique d’un ordinateur ou d’internet, schémas et dessins à l’appui avec de jolis couleurs, plutôt que de leur mettre une tablette entre les mains en leur demandant d’appuyer sur le bouton »On ».

Autres aspects négatifs que je devine :

  • des dépenses publiques supplémentaires : qui passe le marché public ? A quel niveau ? Qui sont les interlocuteurs privés ? Qui choisit au final et sur quels critères ? Quid du SAV : ce sont les professeurs ou des entreprises externes qui s’en chargent ? Qui paie l’entretien : le ministère, les régions, les départements, les villes… ?
  • des problèmes d’entretien : les enfants de CP sont connus pour leur très grande délicatesse…
  • des problèmes de rangement du matériel : je connais des établissement dans lesquels les élèves de collège n’ont pas de casier personnel.

Au final, ca ressemble à une belle mesure bien démagogique, pour que notre gouvernement paraisse bien dans le coup des nouvelles technologies, un coup d’esbrouffe et à la fin, ce seront les professeurs qui se prendront la tête sur le terrain le jour J.

 

– Damien