contrôler internet pour en faire un grand magasin (de la pensée unique ?)

Tout avait pourtant si bien commencé : les citoyens du monde entier venaient trouver un espace d’échanges et de communication inégalée sur internet.

Emails, forums, réseaux sociaux, plate-formes de blogs, peer-to-peer, bittorents… des nouveaux outils apparaissaient chaque jour.

les premiers à réagir contre internet : les parasites ayant-droits

Le business de la musique a été le premier secteur concerné par la révolution internet : les fichiers de musique s’échangeaient comme des petits pains. Au lieu de changer leur modèle économique face à un outil si puissant, les ayant-droits, autrement appelés par moi les « ayants-rentes à vie » (d’ailleurs, à ce propos, ne devrait-on pas s’inspirer d’eux pour le revenu à vie ?), demandent une première intrusion dans les données privées des internautes : et oui, nous sommes tous coupables. Ca commençait comme ça.

Lutter contre la copie d’oeuvres, pourquoi pas mais pas aux détriments des libertés civiles que la présidence Sarkozy a commencé à ronger en confiant cette mission d’espionnage à des sociétés privées et dont la présidence Hollande a très largement poursuivi le travail, alors qu’il avait promis l’arrêt d’Hadopi pendant sa campagne électorale, premier mensonge de sa part.

Aucune société privée ne lit mon courrier postale, pourquoi une société privée lirait mes échanges numériques ?

L’industrie cinématographique s’insérera dans la brêche pour eux aussi défendre leurs intérêts alors que la fréquentation dans les salles bat des records ces dernières années..

Les seconds à réagir : les gouvernements

Internet a été pour moi et pour la quasi totalité d’entre nous la possibilité d’acquérir de nouvelles connaissances.

Je n’avais jamais entendu parler de GNU Linux et de logiciles libres alors que j’étais un Windowsien forcé. J’ai amélioré mes connaissances en culture générale, en compréhension des systèmes qui régissent l’economie et les enjeux du capitalisme. J’ai écouté des conférences auxquelles je n’aurai jamais pu participé. J’ai découvert des domaines qui m’étaient complètement inconnus à ce jour : la démocratie participative ou le tirage au sort en politique, l’importance de la vie privée, les alternatives écologiques, le travail sur les neurosciences, l’action de nombreuses associations ou ONG…

Je ne suis pas devenu un génie, loin de là, mais j’ai découvert d’autres idées, d’autres voies à emprunter. J’ai touché du doigt un savoir extraordinaire. C’est le grand pouvoir d’internet.

C’est également le problème que pose internet aux gouvernements, aux politiques et aux entreprises en général : les citoyens se sont libérés d’un discours à sens unique, du politique / entreprise vers le citoyen / salarié. Le citoyen ne gobe plus la parole de dieu : il peut maintenant vérifier ce qu’on lui dit, prendre l’avis d’autres personnes, apporter la contradiction avec des éléments solides et vouloir autre chose.

De plus, internet permet de s’organiser entre citoyens très facilement, de se mobiliser, de lancer des débats, des manifestations, des rencontres, de réflechir ensemble telle une pensée collective.

Difficile de faire avaler des couleuvres à ces citoyens, de censurer des propos pour arranger la vérité avec un tel outil entre les mains de tous. Internet oblige à une chose que les gouvernants politiques et économiques détestent : être transparent et rendre des comptes ! Voilà le souci.

Les gouvernements ont donc compris qu’internet est une source de problèmes. Il faut tenter de le contrôler. Traquer les internautes et leurs activités, restreindre leurs actions, limiter les effets…

combien de lois seront votées pour tuer internet ?

Les USA ont inventé un programme d’écoute mondiale du réseau. La Grande Bretagne fait censurer internet via ses FAI qui doivent filtrer les sites classé X, ce qui provoquent des censures accidentelles de sites non classé X. L’Australie a banni l’enseignement de la cryptographie / chiffrement sur internet. La France s’est doté d’un programme de surveillance de ses citoyens sur internet et dans leur quotidien sans faire appel à l’intervention d’un juge.

Même Google s’inquiète de la censure politique sur internet. Il suffit de voir ce panorama mondial de censure étatique pour comprendre les enjeux.

le magasin de la pensée unique

Internet propose des discours alternatifs à ce que nous proposent nos gouvernants.

Travailler plus pour gagner plus, système pyramidale de l’entreprise, actionnariat et destruction du droit du travail s’opposent aux propositions du revenu de base ou revenu à vie, à la diminution du temps de travail, aux modèles economiques alternatifs comme les SCOOP ou la gouvernance horizontale sans hierarchie, à l’economie de la redistribution et du partage, au Do It Yourself.

Austerité budgétaire, pensée unique (There Is No Alternative), centralisation de l’Etat s’opposent à décentralisation, initiatives locales, multiples alternatvies, nouvelles idées.

Je ne sais pas si toutes les idées générées par internet sont bonnes ou applicables, ça n’est pas mon propos, mais elles ont le mérite d’exister. Nous pouvons les inclure dans notre réflexion.

Nos sociétés occidentales reposent sur un modèle de gouvernance dépassé, le chef, qu’il soit politique ou d’entreprise, seul habilité à ordonner, dominer ou à condamner.

Nos économies sont focalisées sur le modèle capitaliste basé sur la consommation de masse, sur la recherche de profit à moindre cout des entreprises, oú l’austérité budgétaire des Etats est la règle. Le moindre cout, c’est nous, l’austérité, c’est encore qui nous la subissons.

Internet rend le pouvoir de décision à tout le monde et doit nous pousser à échanger, en évitant les écueils que nous voyons apparaître quelques fois : propos trop virulents, trolls, insultes. Laissons ça à la vieille politique, à ceux qui détestent internet. Ne leur faisons pas se plaisir, ne nous comportons pas comme eux.

Internet n’est pas la réponse à tout mais un début de réponse.

– Damien