plaidoyer pour internet et la transparence

« Je suis fondamentalement convaincu qu’Internet peut mettre fin à l’asymétrie de l’information qu’ont imposé les puissants au reste du monde. C’est le sens de notre combat. Un renversement des transparences : ce n’est pas à l’État de tout savoir de ses citoyens, mais aux citoyens de tout savoir de l’État »

– Julien Assange

Cette citation de Julien Assange résume ces 40 dernières années de cheminement de l’information.

Nous ne voulons plus que la parole politique soit dispensée par quelques aristocrates politiques, soutenus par des médias pseudo officiels financés par le monde de la banque, de l’armement, du BTP… vivant eux-mêmes de la commande publique

Nous ne voulons plus que l’Etat décide de projets comme le traité d’affaires TAFTA dans notre dos.

Nous ne voulons plus les cadeaux fiscaux de l’Etat aux plus grandes corporations de ce monde au dépens des contribuables.

Nous ne voulons plus être infantilisés par l’Etat qui nous explique que les services publiques coûtent trop chers alors que c’est la dette générée auprès des banques privées qui tue notre économie.

Nous ne voulons plus que les lobbys financiers écrivent les lois pour les députés.

Nous ne voulons plus d’un Etat qui part en guerre dans des pays étrangers pour sauvegarder les intérêts financiers de groupes privés qui exploitent les populations locales et leurs ressources minières et agricoles.

Nous ne voulons pas d’un Etat qui espionne ses citoyens pour empêcher les journalistes indépendants de faire leur travail et les citoyens de s’exprimer librement sur internet.

Nous voulons la transparence à tous les étages de la démocratie, de la mairie de quartier au sommet de l’Elysée.

Internet est notre outil, à nous les citoyens, c’est le seul que nous ayons pour demander des comptes ouvertement et directement à l’ensemble de nos élus.

Alors non, ne laissons pas internet devenir une télévision 2.0 avec la Loi sur le Renseignement, ne passons pas sous surveillance.

 

– Damien

internet, ôtez cette transparence que je ne saurais voir

Le travail de journaux d’investigation est maintenant renforcé par la circulation de l’information via internet au travers des blogs, réseaux sociaux, forums, blogs… Je prends l’exemple de la révélation du Canard Enchainé sur 60 députés français qui frauderaient le fisc. Ca tourne sur le net et les gens sont informés.

Les promesses pré-élections sont maintenant suivies en “temps réel” pendant le mandat de la personne élue (voir le site des réalisations de F. Hollande et N. Sarkozy en son temps).

Auparavant, la vérification des faits ne s’imposaient pas. Les politiciens étaient rarement contredits, rarement repris quand ils annonçaient une grosse bêtise ou un gros mensonge. Aujourd’hui, cette vérification des faits est devenue essentielle. La recherche de la vérité l’emporte sur le discours politique. Par discours politique, j’entends la parole qui convainc, celle qui embrigade et convertit les gens à votre cause. J’emploierai le terme d’arguments marketing. Tout cela est fini : un homme politique se doit maintenant de dire la vérité, obligation récente. Il ne peut plus jouer, sa belle parole ne tient plus toute seule. Il faut y accoler de vraies sources, de vrais arguments provenant d’organismes sérieux et objectifs comme l’INSEE par exemple. Dure vie de politiciens…

J’ai souvent entendu dire que les Français n’ont pas de mémoire en politique, internet va donc pallier à ce manque.

Une fois le politique pris à défaut, c’est là qu’internet se déchaîne. Le citoyen, par écran interposé, reprend une partie de son pouvoir de citoyen : il critique publiquement.

Prennons l’exemple récent de M. Mariani sur Twitter :

mariani
Encore fallait-il savoir que M. Bayrou n’est plus député depuis 2012… Bêtise, stupidité, égo démesuré, mensonge, je vous laisse barrer la mention inutile.

Le politique a bien du mal avec la critique sur son travail, ses approximations, ses mensonges, ses bêtises. On peut reconnaître que la critique est quelques fois violente et peu mesurée. Mais quoi, c’est difficile pour le citoyen de gérer une liberté retrouvée. Car oui, internet permet à tous d’utiliser une liberté retrouvée : la parole publique. Certains découvrent que la parole des politiques n’est pas parole d’évangile et que l’on peut remettre en cause une démonstration faite sur TF1 au JT de 20h par un président ou un premier ministre.

Le discours public était seul réservé aux politiciens ces 50 dernières années via la télé, la radio ou la presse. Petit bémol avec la radio qui a su, dans les années 80, se libérer du contrôle de l’Etat avec le phénomène des radios libres et où l’auditeur a commencé à avoir la parole. Ce qui ne veut pas dire non plus que la parole du citoyen est plus censée ou plus intéressante que celle du politique, preuve en est certains talk shows radiophoniques ou télévisuelles “bas de plancher” mais au moins, elle émerge, elle reprend sa place.

La parole publique était donc une histoire de castes : les journalistes, les célébrités et les politiques.

Internet a opéré un changement radical dans l’économie mais également dans la politique, dans la vie de la cité. On comprend que la vieille génération soit bousculée et tente par tous les moyens d’utiliser la loi pour dompter internet, cet espace non civilisé et sauvage vous diront-mêmes certains.

On va donc employer un outil de censure sans pareil en France où le pouvoir exécutif va s’octroyer le pouvoir judiciaire : pour lutter contre 500 voir 1 000 personnes qui veulent aller faire la guerre à l’étranger au nom de leurs idées, l’État français va adopter une loi d’exception faisant reculer la séparation des pouvoirs de notre pays et les libertés individuelles de l’ensemble des citoyens.

Rappelons que cette loi est totalement inefficace car la consultation de sites interdits sera facilement contournée par l’installation d’un Firefox sous TOR (3 minutes pour l’installer sur un ordinateur), l’utilisation d’un VPN ( à partir de 5 € par mois, installation en 10 minutes), la mise en place d’un mot de passe sur le site concerné ou le partage de contenu par simple clé USB…etc. Le filtrage va donc être un grand foirage à venir, belle efficacité de [mode Damien énervé ON] nos parlementaires infoutus de comprendre le monde dans lequel ils vivent [mode Damien énervé OFF].

Au passage, on aura rongé la liberté des citoyens, ça n’est pas bien grave, nous avons l’habitude : Loi de Programmation Militaire, espionnage à tous les étages du citoyen, lois censées lutter contre le terrorisme

On se donne rendez-vous dans un an, quand l’actuel ministre de l’intérieur (ou le prochain, ils sont tous interchangeables) viendra nous dire qu’une nouvelle loi va bientôt être votée, pour notre bien évidemment, avec encore, la suppression de nouveaux morceaux de notre liberté.

Peut être qu’un jour, on viendra nous dire que le mieux, c’est de ne plus aller internet, ca ira plus vite :p

En attendant, vous pouvez toujours contacter votre député ou votre sénateur pour lui dire que cette loi sera complètement inefficace, coûteuse et liberticide, et qu’ils auraient meilleur compte de s’occuper du cas de deux députés, De Courson et Dumont, obéissant comme de bons petits toutous à une entreprise américaine de tabac, qui va nous faire perdre beaucoup d’argent et qui nous empoisonne paisiblement.

 

– Damien