la géopolitique des données numériques

J’avais écrit ce billet suite à commentaire de Marion : elle soulevait le problème de l’hébergement d’un service email à l’heure de l’espionnage total d’internet ou encore « à qui confier ses échanges par email à l’heure de la surveillance généralisée ? ».

Soyons clair : personne ne peut garantir la confidentialité de nos conversations numériques. Personne.

A cela plusieurs raisons :

1) la première puissance mondiale a décidé de surveiller l’ensemble du réseau mondial. Les pays alliés à cette super puissance collaborent à cet espionnage massif des citoyens. D’autres pays violent également la vie privée de leurs citoyens pour assurer un contrôle de la population. France, Chine, Royaume-Uni. Chacun y va de sa loi sécuritaire contre internet parce que, ma brave dame, le problème de nos vies, c’est internet (rire dans la salle). Il s’agirait plutôt du problème de nos politiciens mais je digresse.

2) des entreprises commerciales se sont bâties sur le modèle économique unique de l’exploitation des données privées de leurs utilisateurs.

3) des gens mal intentionnés gagnent de l’argent en violant les données des utilisateurs et en les revendant.

Voilà où nous en sommes actuellement.

Que pouvons nous faire face à ces problèmes ?

Certains diront rien du tout et que c’est comme ça aujourd’hui, c’est notre époque qui veut ça… ce qui est faux et entretient la mollesse ambiante.

concernant le point 3), pour lutter contre les gens mal intentionnés, vous devez faire attention à ne pas utiliser des services compromis ou peu fiables techniquement. Vous devez aussi éviter de laisser traîner vos identifiants et mots de passe sur le net ou un post-it.

Point 2) : si des entreprises vivent et exploitent vos données et bien c’est à vous de les quitter ! Vous fermez le compte à problème et vous trouvez un service tenu par des gens biens, il en existe de nombreux !

et le dernier point, le numéro 1) contre une super puissance ou un état qui espionne ses citoyens, il n’y a pas grand chose à faire. Les recours sont plus limités mais là aussi ils existent. D’un point de vue personnel, vous pouvez vous lancer dans le chiffrement de vos données, solution employée par 0,0001% de la population, peu évidente pour l’instant techniquement…

Collectivement, il y a bien une solution : voter pour des gens qui respectent les droits des citoyens et qui ne veulent pas criminaliser l’ensemble des utilisateurs d’internet, ca existe :)

Comme tu me demandes une solution, je t’en donne une : voter pour le Parti Pirate ou Nouvelle Donne ou suivre des gens comme Isabelle Attard aux élections.

On peut se débarrasser des problèmes 2) et 3) aisément tout de suite ! Alors faisons-le :)

Le problème 1) pourra voir un début de résolution quand les gens voteront pour des représentants politiques qui ne sont pas complètement paranoïaques ou incompétents. On peut être atterré par le Patriot Act des Etats-Unis, on peut et on doit regarder chez nous ce que l’UMP et le PS proposent, chacun leur tour, pour censurer, surveiller internet et nous surveiller par ricochet : la loi Hadopi, la Loi de Programmation Militaire, la loi Cazeneuve et la chasse à Pirate Bay par les lobbys des rentiers du droit d’auteur. Sans parler de l’Etat d’Urgence en France depuis décembre 2015 qui autorise à peu près tout et n’importe quoi pour s’en prendre aux citoyens.

Je suis d’accord avec Marion pour questionner les choses et se demander qui est fiable et qui ne l’est pas. On peut reprendre le contrôle sur de larges pans de notre vie numérique : on peut se défaire d’un Google, d’un Apple ou d’un Facebook, peut être moins de la NSA ou d’un Etat d’Urgence.

Et ca n’est pas parce que les pays occidentaux veulent faire d’internet un espace publicitaire et sous contrôle qu’il faut jeter l’éponge :)

Pour le numérique grand public, je te conseille Web4all, Gandi ou d’autres services respectueux de ta vie privée, ce sera toujours mieux qu’un Google ou un Facebook !

fermez Windows, osez la liberté !

La Fondation pour le Logiciel Libre avait lancé en 2013 une campagne afin de promouvoir l’utilisation de systèmes d’exploitation libres pour votre ordinateur.

Windows 8 à l’époque et Windows 10 pour PC aujourd’hui ou Os X pour Mac sont des systèmes commerciaux, fermés, espions et autoritaires.

– commerciaux : il faut payer pour les utiliser.

– fermés : vous ne pouvez pas voir comment ils sont faits, ni vérifier ce qu’ils font en détail et vous ne pouvez pas les modifier.

– espions : ces 2 systèmes savent en temps réel ce que vous faites avec votre machine à votre insu, ce que vous téléchargez, ce que vous installez, ce que vous regardez et le transmettent à leurs maisons mères.

– autoritaires : car ils peuvent également installer des logiciels à votre insu, voir en désinstaller à distance. Dans un futur proche, on peut imaginer un contrôle de ce que vous mettez sur votre disque dur avec effacement possible si ce contenu ne rentre pas dans leurs conditions d’utilisation de la société commerciale étasunienne.

On peut faire le parallèle avec le frigo dans votre cuisine qui vous dirait quoi acheter et quoi manger : des plats Findus, des plats fabriqués par les grands industriels plutôt que des plats maison dont vous connaissez la provenance parce que c’est vous qui les avez achetés puis cuisinés… Pas très sympa, hein ?

Il faut donc s’orienter vers des systèmes libres pour utiliser votre PC : qui sont-ils ? Quels sont leurs réseaux ?

Et bien, on peut parler de la distribution Linux la plus connue : Ubuntu, gratuite, facile à installer et bénéficiant d’une grande communauté. Vous pouvez commencer par lire le guide du débutant qui répondra à toutes vos questions.

Il existe d’autres distributions grand public très efficaces : OpenSuse, Fedora, MageiaMint

Vous savez maintenant qu’il existe d’autres moyens gratuits, libres et respectueux de votre vie privée pour utiliser votre ordinateur, il reste donc à se lancer !

Le plus simple étant de créer une clé USB qui permet de lancer cette distribution au démarrage de votre ordinateur sans changer votre système actuel. Vous pourrez l’utiliser en parallèle de votre Windows.

Une fois à l’aise, vous pourrez installer ce nouveau système à côté de votre  Windows sur votre disque dure.

Puis, un jour, vous passerez intégralement sur une distribution GNU Linux en effaçant définitivement Windows.

pour ceux qui pensent que Google et Gmail sont leurs amis

Google vous le dit : « n’attendez aucun respect de votre vie privée ».

C’est clair, net et précis dans cet article de Next Inpact de 2013.

« En fait, personne n’a le droit de s’attendre au respect de sa vie privée dès lors qu’il donne ses informations à un tiers »

Merci d’être aussi clair M. Google.

Je m’en remets à la conclusion de Consumer Watchog, association de consommateurs, sur leur site : « Si vous tenez à la vie privée de vos correspondants, n’utilisez pas Gmail ».

Cela va même plus loin : si vous écrivez à un utilisateur de Gmail via un autre service email, vous donnez également une part de votre vie privée…

Je me tâte à commencer à boycotter les utilisateurs de Gmail qui, par leur messagerie, mettent en danger ma vie privée et mon intimité.

– Damien

traquer les chômeurs et surtout les contrats bidons de l’État avec Microsoft ?

Je lisais ce matin que le gouvernement avait l’intention de surveiller les comptes en banque des chômeurs, ces dangereux criminels qui ont provoqué la crise financière de 2008, creuser la dette publique à eux tout seuls et qui font exprès de se retrouver sans travail, eux, les vilains profiteurs du système…. De la mauvaise graine quoi.

Je propose au gouvernement de plutôt surveiller les comptes bancaires de certains multinationales qui « oublient de payer » leurs impôts via des paradis fiscaux. Ce sera plus productif. 80 milliards par an, c’est dommage de louper ça.

J’invite également le gouvernement à faire le ménage dans ses contrats passés en douce avec Microsoft, que ce soit pour l’armée et dernièrement pour les ministères du Travail, de la Santé et de la Jeunesse et des sports… Enfin, quand je dis « dernièrement », c’est plus ou moins faux car ces contrats ont été signés en douce, en toute discrétion. Si c’est un appel d’offre public, il aurait dû être notifié dans le Journal Officiel. Or, on ne retrouve rien. Bizarre.

Outre le fait que nos administrations utilisent des outils privateurs, fermés et incontrôlables, j’imagine que les données de l’Etat, nos données donc, seront stockés sur le cloud de Microsoft, sur Onedrive. Donc en accès direct pour les USA et ses services de renseignement. Brillant, non ?

La même bêtise qui avait poussée l’armée française à signer un contrat avec Microsoft se perpétue donc avec de nouveaux ministères.

On n’entend pas trop les Gaullistes et autres « patriotes » de tout bord quand il s’agit de jeter la souveraineté nationale numérique à la poubelle.

Le mandat de F. Hollande sera donc l’un des pires concernant les atteintes à la vie privée et à l’espionnage des citoyens, ça mérite une petite médaille ?

– Damien

Google aura mis du temps à cracher le morceau officiellement

Et voici donc Google qui change ses conditions générales d’utilisation très clairement :

« Nos systèmes automatisés analysent votre contenu (y compris les emails) pour vous diffuser des fonctionnalités pertinentes pour vous, comme des résultats de recherche personnalisés, de la publicité sur mesure, et détecter spam et malwares. Cette analyse a lieu à la réception, à l’envoi et lors du stockage du contenu. »

Ce serait sympa si les Gmaileurs que j’ai en contact passaient à une autre solution gratuite non intrusive, sans profilage, ni espionnage. Vraiment sympa.

 

– Damien

Google, Facebook… vampires numériques

Suite a une interview d’un expert en sécurité qui donne son avis sur le profilage des internautes, je lisais, atterré, certains commentaires regroupant un mélange d’ignorance et de méconnaissance.

« Google peut m’inonder de pubs, je ne m’y attarde pas car lorsque j’ai un achat à faire ce n’est pas la pub qui va diriger mon choix, loin de là. »

« Et que google dissèque mes émails, je m’en fiche mais trouve cela passablement minable comme procédé. »

« Evidemment, un bon antivirus /anti-ad / anti-spyware ne peut qu’ajouter à votre confort. Perso, je navigue tous les jours sur Google et consorts depuis des années et je n’ai jamais eu le moindre souci. »

« Que les entreprises utilisent Google est une chose. Mais Google n’utilise pas réellement la franchise pour se renseigner sur la clientèle des entreprises. »

En clair :

Certes, j’ai choisi les commentaires les plus gratinés, je l’avoue bien volontiers. Mais j’en lis de cette teneur sur tous les sites d’informations qui abordent le thème de l’influence de la publicité. Les internautes du Point.fr sont donc des costauds qui ne sont pas concernés par les effets de la publicité.

  • si vous pensez vraiment que le publicité n’a pas d’influence sur vous, comment expliquer que des milliards d’Euros soient dépensés chaque année par des entreprises dans ce domaine ? Ces sociétés seraient-elles dans le faux ? Elles dépenseraient des millions pour rien ? Notre esprit serait incorruptible ?
  • pourquoi la mode est-elle à la collecte généralisée de nos données de consommation, de dépenses et de navigation internet ? Est-ce uniquement pour le plaisir de collecter du cookies et du clic ? Là encore, des millions de dollars seraient dépensés pour rien ?

des éléments de réponse

Certains médicaments sont capables d’éteindre des pensées négatives et des désirs, d’autres stimulent le cerveau ou améliorent la concentration. Le cerveau est une suite de réactions chimiques. Les mots, par le biais de la psychothérapie et de thérapies comportementales, vont également créer ces réactions chimiques et réellement nous changer. Dans l’Histoire, on peut observer des sociétés basées sur l’endoctrinement et l’embrigadement des citoyens par les mots, le discours et les images. Le cerveau humain est donc malléable. La publicité, par son travail permanent sur nos esprits, est efficace.

Ces dernières années, les neurosciences ont pris un essor extraordinaire avec le progrès de la technologie, de l’imagerie médicale et de la puissance de calcul des ordinateurs pour simuler et virtualiser toutes les expériences possibles et imaginables. La cartographie du cerveau avance, nos émotions sont décortiquées et nos pensées sont l’objet de recherches de plus en plus poussées.

Le neuromarketing et la neuroéconomie sont des sciences très récentes. Leur but est simple : connaître le fonctionnement de notre cerveau dans le processus de décision lors de la phase d’achat. C’est-à-dire lorsqu’on décide de sortir la carte de crédit pour acheter.

Imaginez un instant une entreprise capable d’influencer vos décisions d’achat dans 10-15% des cas ?

Comment en apprendre le plus sur le cerveau humain ?

Il faut commencer par collecter toutes les données générées par ce même cerveau, ainsi que ces réactions face à divers stimulus : paroles, mots, achats, communication, déplacements, courrier, photos… En les collectant et en les recoupant.

Le processus le plus simple pour vous connaître sur internet est de vous suivre sur le long terme. Si on peut vous suivre pendant 10 ans via votre courrier privée (Gmail, Yahoo, Apple…), via vos photos (Picasa, Flickr), via votre navigation sur internet (avec les navigateurs Google Chrome, Apple Safari), via votre utilisation des réseaux sociaux avec vos commentaires, vos groupes, vos +1, vos repartage (Google+, Facebook), via votre téléphone mobile (Android, Apple), alors on peut vous connaître mieux que quiconque. Mieux que vos parents ou votre femme.

Imaginez-vous avoir au dessus de votre épaule, depuis 10 ans, quelqu’un qui regarde votre vie silencieusement, prenne des notes sur tout ce que vous dites, sur ce que vous faites, sur ce que vous pensez ?

Au-delà de l’abandon de votre vie privée et de votre intimité, de grandes entreprises privées créent des profils isus leurs millions d’utilisateurs. Elles nous percent à jour, elles nous parcourent. Elles sont maintenant capables d’influencer nos vies, nos décisions et nos votes.

Cette collecte permanente de nos données permet à ses entreprises de s’enrichir, de créer des monopoles incontournables, d’augmenter leur emprise sur le net et leurs utilisateurs en les traquant toujours plus.

Avec l’apparition des objets connectés, cette collecte va s’amplifier. La moisson de données pour enrichir les travaux des neuromarketeurs ne fait que commencer.

A un moment, il faudra dire non.

_ Damien

 

(billet publié sur le Blog Libre)

 

edit : merci Augier pour la correction des fautes ^^

email : Yahoo lit et analyse le contenu de vos correspondances

C’est clair, net et précis : en utilisant les services email de Yahoo, vous les autorisez de plein gré à lire vos correspondances et vos échanges. Sympathique, non ?

« By proceeding, I agree to the Yahoo! Terms of Service, Yahoo! Privacy Policy and Communications Terms. To deliver product features, relevant advertising and abuse protection, Yahoo!’s automated systems scan and analyze all email, IM, and other communications content. »

Google s’adonne déjà à ce genre de pratique, ce qui permet à la firme de vous envoyer en retour des publicités ciblées. Si vous parlez de voyages dans votre email avec un ami, les prochaines publicités qui apparaitront sur votre écran auront pour thème l’achat de billets d’avion, de guides touristiques ou de locations d’hôtels. Voilà pour le principe général de la publicité ciblée.

Cela permet aussi, dans un second temps, de savoir si vous écrivez des choses illicites ou illégales. Ca, c’est nouveau et c’est l’ami « Google-qui-vous-veut-du-bien » qui se propose de le généraliser.

En fait, Yahoo est à la recherche de rentabilité après être passé à deux doigts du dépot de bilan quelques années en arrière. Pour réussir, Yahoo s’est trouvé la meilleure personne possible pour redresser la situation : Marissa Mayer, ancienne cadre de Google, elle applique les recettes qui ont fait le succès de son ex-employeur.

D’où les rachats ou tentatives de rachats actuels de Yahoo. Et ça tire dans tous les sens : Summly, Tumblr, Astrid, Dailymotion, Hulu…

On a compris vers quel modèle économique se tourne Yahoo : celui de Google.

Pour des emails respectueux de votre vie privée et de vos correspondants, c’est par là…

– Damien

les objets connectés sont-ils nos amis ?

De plus en plus d’objets du quotidien communiquent avec internet. Les entreprises du numériques commencent à se tourner vers ces nouveaux produits. Les exemples les plus communs sont les téléphones portables, les lunettes connectées (avec les Google Glass comme produit de référénce) ou les montres connectées. Le marketing est en marche pour vous faire acheter ces nouveaux objets. Pour franchir un pas de plus vers le cauchemar des objets connectés ? Car oui, le pire est à venir !

téléphone portable

A tout moment, il révèle où vous êtes et retrace vos déplacements très facilement. Nous savons maintenant qu’un téléphone éteint permet d’écouter son porteur et son environnement direct, comme un micro espion.

montre connectée

C’est actuellement l’objet à la mode pour connaître votre nombre de pas par jour ou par session de sport, comment vous dormez… un espion qui va plaire à votre compagnie d’assurance afin de savoir si vous êtes en bonne santé et si vous faites de l’exercice. Apple se prépare déjà à vous dénoncer à votre assurance. Sans parler d’une intrusion au coeur de vie sexuelle, rajoutez à cela un GPS et Google et Apple sauront avec qui vous couchez et où. La STASI l’avait rêvé, les compagnies US l’ont fait. Quel autre objet connecté ressemble-t-il autant à des menottes d’ailleurs ?

voiture connectée

L’ordinateur de bord de votre véhicule est connecté à internet et vous donne des renseignements sur le trafic, votre position GPS et votre consommation d’essence. Mais le constructeur garde la main et peut à tout moment désactiver votre véhicule. Et si le constructeur le décide, il peut donner la clé numérique de votre véhicule aux forces de l’ordre qui pourront tout savoir de vos déplacements, ainsi qu’éteindre votre véhicule à distance.

De plus, en cas d’infraction détectée par l’ordinateur de votre voiture, votre permis à points pourrait être immédiatement débité et votre compte en banque également. Si vous n’avez plus de points sur votre permis, votre véhicule s’arrêtera dans les minutes qui suivent avec une déconnexion télécommandée à distance. La machine est juge et bourreau : pas de négociations, pas de recours, pas de discussion avec un être humain, l’interprétation et la négociation n’existent plus face aux machines.

Il faut noter que vous ne contrôlez pas le logiciel de votre voiture puisqu’il est fermé et proprietaire et que vous ne savez pas quelles données seront transmises et à qui lors de vos déplacements. On appelle ça la confiance aveugle, non ?

lunettes connectées

Le monde prend une nouvelle dimension avec ce type d’objets. Je pense surtout aux sollications commerciales non désirées : dès que vous passerez devant un magasin, un message publicitaire apparait dans votre champ de vision, vous balançant la promo du moment. Imaginez combien de messages vous recevrez en passant rue de la République à Lyon ?
La police enquête sur un délit qui s’est déroulé sur la voie publique. Ils réquisitionnent tous les enregistrements des personnes présentes dans les environs. Vous passiez à deux rues de là, la police fait récupérer autoritairement tous les enregistrements, y compris les vôtres parce que vous passiez là ce jour là.

Vous devenez également une caméra de surveillance ambulante avec des programmes de reconnaissance faciale et de lieux qui sont exécutés en tache de fond de vos lunettes. Vous aiderez involontairement les forces de l’ordre. Vous pourriez même être appelé à témoigner parce que étiez là. Qui du libre-arbitre ?

De plus, des développeurs viennent de découvrir un dispositif dans les lunettes connectées Google Glass qui permet de prendre des photos et des vidéos à l’insu de l’utilisateur. Google prévoit dès le départ le viol de votre vie privée, sympa non ?

maison connectée

La maison est l’espace privé ultime par définition. Ce qui se passe chez vous ne regarde que vous et pourtant… Si pour certains, maison connectée rime avec l’aspect pratique du wifi dans toutes les pièces, cela va beaucoup plus loin. On peut déjà penser à tous les objets qui trainent dans la maison : téléphone et lunettes connectées en premiers lieux bien évidemment.

Or, de plus en plus de services externes veulent se connecter à votre maison. On peut parler du compteur Linky d’EDF par exemple afin de contrôler et de réguler l’électricité. Mais pas uniquement.

pèse-personne connectée
Ah la balance, cet objet mal aimé et si bien nommée… On n’a pas finit de la détester : si vous prenez du poids ou en perdez trop, votre balance le communiquera au service internet associé qui pourra vous proposer des repas et menus appropriés (diktat de la mode et de l’hygiénisme ?), voir vous interdire de commander en ligne via votre compte Ooshop certains produits. Votre assureur pourra lui aussi être informé de votre évolution de poids en temps réel et si vous voulez conserver le même niveau de primes ou éviter des surprimes à payer, vous allez devoir redoubler d’effort pour rester dans les courbes de poids autorisé ! Aux USA, depuis de nombreuses années, des prêts bancaires sont refusés sur critères de sante (obesité, risques de cancer…). L’assurance, c’est l’art de faire payer cher un risque que l’assureur n’indemnisera pas.

frigo connecté
Vous rangez vos courses dans votre frigo : chaque aliment rangé est scanné lors de son entrée sous couvert de vous aider à mieux gérer l’inventaire (= vous poussez à consommer de mon point de vue).

En fait, selon ce que vous achetez, aliments gras ou sucrés, alcool, vous recevrez des emails et notifications SMS pour vous avertir que c’est dangereux pour votre santé. Si vous perservérez dans ce type d’achats, c’est votre médécin ou votre assureur qui reçoit cet avertissement.

Le frigo sera également un moyen de vous annoncer les promotions sur les produits que vous consommez habituellement. J’imagine le message vocal du matin pour m’annoncer le boudin-purée à -50%… C’est encore la marche forcée vers la consommation et le contrôle de votre vie par des sociétés commerciales.

paiement sans contact + téléphone ou montre connectée + lunettes connectées : triple combo !

Lors d’un paiement sans contact (via un téléphone ou une montre connectée), le système aura repéré de quel endroit vous faites le paiement (GPS via téléphone), quelle est votre commande (reconnaissance visuelle via Google Glass) et pourra décider si oui ou non, le paiement est validée.

Exemple : vous êtes dans un bar. Vous commandez votre 3ème de shooters, le système peut décider de ne pas autoriser le paiement suite aux informations collectées ! L’alcool, c’est pas bien… Vous recevrez une notification pour vous alerter sur votre comportement dangereux pour la société, votre santé, votre prime d’assurance…

vivre dans la matrice

Toutes les données collectées via ces objets serviront à vous faire consommer plus, à vous surveiller et à vous maintenir en état de non-réflexion : la machine pensera à votre place et vous perdrez de la liberté d’usage des biens que vous avez acheté car c’est l’objet qui va vous utiliser.

Le message permanent des machines vous accompagnera à tous les moments de votre vie : « c’est pour votre bien » sera le leitmotiv des compagnies qui tenteront de vous vendre leurs prestations. La dictature n’est plus politique, elle devient consumériste.

La récolte de données va enrichir leurs récolteurs, comme Google, Facebook ou Apple qui possèdent déjà une position ultra dominante dans ce domaine.

Nous deviendrons des citoyens serviles, réglés comme du papier à musique pour faire « métro, boulot, dodo ». Et si nous ne pouvons pas consommer comme les autres, nous souscrirons des crédits pour mettre à jour notre niveau de vie. Le crédit sera l’upgrade pour suivre la masse.

Ces objets connectés sont autant de chaînes que nous traînerons sous couvert de la recherche du cool et de la hype.

hackerland

Plus les choses seront connectées, plus les opportunités de piratage se multiplieront. Nous ferons face à de nouveaux actes de malveillance et à l’introduction de nouveaux malwares et autres bugs. L’utilisateur sera la victime et la mise à jour du produit une opportunité pour l’entreprise de devenir encore plus indispensable.

la géopolitique des objects connectés

Cette connexion permanente de nos vies via les objets que nous portons et qui nous entourent posent également un nouveau problème, un problème d’ordre géopolitique.

Suite au (gros) différend entre les USA et la Russie concernant l’Ukraine, deux géants américains du paiement, Visa et Mastercard, ont tout simplement suspendu leurs services de paiement à l’attention de plusieurs banques russes (lire et ).

Nous avons la preuve que les entreprises américaines ont le doigt sur la couture et répondent dans la seconde aux injonctions de la diplomatie américaine. Il y a avait déjà la démonstration de l’accord de partenariat PRISM entre le gouvernement US et les grands de l’informatique pour espionner toutes les données passant par leurs serveurs mais là encore plus clair.

  • Que se passerait-il si les USA demandaient à Google de déconnecter les ordinateurs de bord de toutes les voitures d’un pays parce qu’il y a un désaccord économique ?
  • Et si les USA demandaient à Apple de couper les iPhones des citoyens d’un autre pays parce qu’il y a également un problème diplomatique ?
  • Et si les USA demandaient à Microsoft de fermer les sessions Windows d’un pays concurrent ?

Conclusion

Les objets connectés auront l’excuse de vous rendre la vie plus facile mais :

  • les objets connectés enrichiront des entreprises à la recherche de plus de profit en exploitant/violant nos vies privées et notre intimité
  • les objets connectés espionneront tous nos faits et gestes
  • les objets connectés seront toujours aux ordres de la compagnie qui vous les a vendue, vous n’aurez jamais aucun contrôle sur eux.

A l’heure de l’affaire PRISM et de l’affaire Visa/Mastercard, on se rend compte que le numérique est une arme politique et économique. Le monopole du numérique par les USA et ses entreprises rend vulnérable toutes les autres nations.

En Françe, le terme « dissuasion nucléaire » ne nous est pas inconnu, c’est même ce qui a permis à notre pays d’être indépendant des USA et de l’URSS pendant près de 50 ans.

Aujourd’hui, petit à petit, le numérique s’infiltre dans notre vie et celui qui domine le numérique dominera nos vies, tout simplement, sous la forme d’une instance supra-nationale, c’est-à-dire en étant au dessus des nations. En tout cas, au dessus des nations Européennes. Je peux dire que cela a déjà commencé avec des entreprises comme Facebook, Google et Apple où l’ensemble des utilisateurs se soumettent à des conditions d’utilisations qu’ils n’auraient pas acceptés dans certaines dictatures passées de notre Histoire.

L’indépendance numérique vis-à-vis des USA est maintenant une nécessité, une obligation pour exister dans les 20 prochaines années comme entité européenne indépendante. Je ne parle plus de la France, échelle trop réduite, trop faible, face aux USA, mais bien d’Europe. Il s’agira de commencer par rejeter les projets de libre-échange USA-Europe (à traduire par liberté absolue de faire des affaires et des profits) comme le projet TAFTA puis se projeter dans l’économie numérique mais pas n’importe comment (voir le fiasco Numergy/Cloudwatt pour comprendre ce qu’il ne faut pas faire), mais en soutenant financièrement des projets déjà solides : et si on avait donné 285 millions d’Euros à Framasoft plutôt qu’aux 2 trucs cloud bidons Numergy/Cloudwatt, on aurait notre Google à la française…

Je suis pessimiste ? Peut être, peut être pas. Comme je serai encore là dans 20 ans, on en rediscutera..

_ Damien

nous sommes tous inscrits sur Facebook, à l’insu de notre plein gré

Cette nouvelle de Next Inpact m’a fait bondir : Facebook créerait des profils fantômes de personnes non inscrites par le biais du répertoire de contacts de ses membres.

Si un de vos amis est inscrit sur Facebook et qu’il a votre adresse email, votre téléphone et votre adresse dans son répertoire, et bien il va partager sciemment ces données avec l’entreprise américaine, qui va s’empresser de créer votre profil en mode privé.

En clair, vos amis et contacts vous inscrivent d’office à Facebook, même si vous ne voulez pas !

Ensuite, qui gère vos données ? Vous, Facebook ou vos amis ?

Belle intrusion dans votre vie privée, n’est-ce pas ?

Une seule solution : ne plus utiliser ce réseau social. Et se tourner vers Diaspora* ?